dimanche 31 janvier 2010
Des jardins ouvriers aux jardins familiaux
C'est l'abbé Jules Auguste LEMIRE qui fut, à la fin du 19 ème siècle, à l'origine du développement des jardins ouvriers en France.
Il en donnait la définition suivante, une sorte de mélange savoureux de valeurs chrétiennes et sociales :
« Les jardins ouvriers professent une vocation sociale et défendent un certain ordre social : s'ils permettent aux ouvriers d'échapper à leur taudis en profitant d'un air plus respirable, ils les éloignent aussi des cabarets et encouragent les activités familiales au sein de ces espaces verts. »
Rappelons que l’abbé était député socialiste-chrétien de 1998 à 1910 et rejoindra en 1924 la Gauche radicale. En fait, il avait pour but d'améliorer la situation des familles ouvrières.
En 1952, la loi retient le terme de jardins familiaux pour en définir le cadre légal : les jardins familiaux doivent être gérés par des associations loi de 1901.
Plus récemment, le 15 octobre 2003 l’examen d’une proposition de loi au Sénat qui, bien qu’elle fut rejetée, a été l’occasion pour les sénateurs de vanter, quelque fois avec lyrisme, ces jardins créés il y a plus d’un siècle :
« La poésie du béton et de l'asphalte n’attire plus guère les foules. Le monde se minéralise, s’atomise, s’informatise, et les Français se tournent de plus en plus vers le monde du vivant : les jardins, la forêt, la campagne. Il suffit d’une fleur et d’un jardin autour pour embaumer les heures et colorer les jours [...] » (Christian COINTAT, membre de la Délégation parlementaire pour l'Union européenne (UMP))
« Voyant dans ces jardins collectifs, l’antidote au mal des villes [...] » Jean-Pierre SUEUR, sénateur du Loiret (PS)
« Nous parlons des fleurs et des fruits, de la ville et de la beauté, de l’insertion de tous. Celui qui bêche, sème, arrose et entretient devient acteur modeste mais à part entière de l’application française du protocole de Carthagène sur la biodiversité » Marie-Christine BLANDIN , sénateur du Nord-Pas-de-Calais (les Verts)
Contrairement à l’Allemagne voisine, les jardins familiaux conservent en France et singulièrement à Mulhouse l’image dépréciée des jardins ouvriers.
Malgré l’intérêt croissant qu’ils suscitent auprès des classes moyennes et aisées, séduites par la convivialité de ces espaces naturels, les jardins familiaux souffrent de l’absence d’un cadre législatif adapté.
Ne sont-ils pas facteurs de vie locale et source de lien social, éducatif et culturel ?
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