L’Association des Amis des jardins familiaux de la Ville de Mulhouse est sans doute, dans sa forme actuelle, une association difficile à gérer. Son importance en nombre de sites, de parcelles et d’adhérents est inversement proportionnelle au petit nombre de personnes qui composent son comité de direction et qui s’investissent concrètement dans le fonctionnement de l’association.
Les charges qui incombent à ce groupe de responsables, telles la construction de cabanons, la gestion technique des sites, les permanences du samedi matin, le travail administratif et la gestion financière sont importantes.
De plus ce (petit) comité n’a pas systématiquement de membres issus de tous les terrains. Ce qui rend imparfaite sa vision des problèmes, son contact, sa communication, et sa réactivité aux éventuelles difficultés imprévues.
Le système actuel des responsables de sites, sorte de gardes champêtres locaux, rôle forcément ingrat pour des personnes pleines de bonne volonté, mais dénuées de légitimité et de réel pouvoir de décision, et souvent isolées, ne donne satisfaction à personne.
En réalité, le sentiment partagé par de nombreux adhérents, est qu’il y a trop de distance et d’incompréhension entre ce comité de direction qui débarque une fois par an pour l’inspection et eux.
L’absence d’animation, de débat, le manque de transparence dans les processus de décision, ajouté à l’emprise autoritaire de l’actuel président sur le conseil d’administration et sur les assemblées générales, contribuent à générer un certain malaise.
Il serait souhaitable d’ouvrir une large et libre réflexion sur l'organisation, le financement et le fonctionnement de l'association.
Au préalable, il faudrait réhabiliter les fondamentaux d’une pratique démocratique de la vie associative.
Ainsi est-il indispensable de soigner par exemple les étapes essentielles que sont les convocations envoyées à tous pour les assemblées générales, avec ordre du jour, bilan moral et bilan d’activités, bilan financier ainsi que les résolutions proposées aux débats de l’Assemblée annuelle.
Il me semble aussi nécessaire de conduire ces réunions avec bienveillance, de valoriser les travaux les plus remarquables sans stigmatiser les jardiniers imparfaits, de prodiguer des conseils et pas seulement des consignes.
Dans le fonctionnement au quotidien la transparence devrait être la règle absolue notamment dans l’attribution ou le retrait des parcelles.
L’établissement d'une liste de candidatures datées, consultable par tous au siège de l’association pourrait garantir l’équité de traitement des demandes par un comité d'attribution des jardins agissant tout au long de l’année dans la transparence et sous contrôle souverain de l'assemblée générale. Ainsi les exclusions devraient aussi faire l’objet d’une résolution de l’Assemblée générale.
Face au réel problème que pose le désengagement des adhérents, qui d’associés à un projet deviennent de simple usagers, qui plus est très exigeants, ne faut-il pas favoriser par tout moyens incitatifs leur participation à la vie de l’association, à l’entretien des parties communes par exemple ou à l’animation des sites ?
Du point de vue structurel, ne faudrait-il pas procéder à l’actualisation des statuts et du règlement intérieur ?
Au sujet des premiers, qui datent de 1922, une relecture critique à l’aune d’un regard contemporain, serait la bienvenue. Cette étude pourrait aboutir à une modernisation positive de notre institution.
En ce qui concerne le règlement intérieur il faudrait incontestablement y intégrer des orientations environnementales.
Enfin ne serait-il pas légitime de s’interroger sur l’absence de femmes dans nos instances dirigeantes?
Autant de questions et de suggestions incomplètes exposées ici qui n’ont vocation qu’à alimenter le débat à venir.


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