dimanche 18 juillet 2010

Article publié par les Dernières Nouvelles d'Alsace (mai 2010)

Greffe bio dans les lopins


Les Jardins familiaux, ici les lopins situés en face du musée Electropolis, vont s'engager sur la voie d'un jardinage durable. (Photo DNA - Marc Rollmann)

Les pesticides n'auront bientôt plus droit de cité dans les lopins des Jardins Familiaux. Sous la pression de la Ville et d'une partie des adhérents, l'association va se doter d'une charte de développement durable.

Ce sont des petits îlots de bonheur végétal à l'intérieur de la ville. 4,7 hectares, propriété de la Ville, gérés privativement par l'Association des Jardins Familiaux et répartis entre... 970 familles. Avec des pratiques très diverses, constate Jean-Yves Guénier, à l'origine d'une fronde anti-pesticides qui a engendré des querelles "vivaces" dans l'association. « Il y a de tout, constate-t-il, des gens qui n'utilisent que des produits recevables en agriculture biologique, d'autres qui font exactement le contraire et inondent leur jardin de produits phytosanitaires ». Cela sans se soucier des autres. Avisée du différend, la Ville, qui contribue aux trois-quarts du budget de l'association, a en quelque sorte joué l'aubergine de service entre "vieux poivrons" et "légumes verts" dans cet agreste avatar de la querelle des anciens et des modernes, motoculteurs contre serfouettes.
 « La municipalité était elle-même déjà engagée dans une gestion différenciée des espaces verts. Nous leur avons proposé de faire quelque chose pour faire changer les pratiques », expose Fabrice Ciarletta, adjoint à l'Ecologie urbaine. Plusieurs réunions entre le conseil d'administration, les services des Eaux et des Espaces verts ont été organisées depuis octobre 2009 pour faire avancer le schmilblick, sous la houlette du président André Moser.
« Les formations débuteront en septembre-octobre »
 Plus récemment un questionnaire a été remis aux adhérents afin de connaître leurs habitudes. « On a eu 200 retours », se félicite l'élu. Fruit de cette concertation, une charte de développement durable sera signée fin juin par l'association pour inciter ses adhérents à passer de la culture chimique à la culture naturelle, ce qu'on appelle la rotation des cultures... « Elle posera quelques règles de base et sera annexée au règlement intérieur. Parallèlement, des formations à l'attention des familles débuteront en septembre octobre. Elles seront assurées par le Centre d'Initiation à la Nature et à l'Environnement du Moulin de Lutterbach ».
Information et éducation. Les sessions se dérouleront sur les différents sites que compte l'association derrière la SPA, rue de Saint-Amarin ou en face d'Electropolis entre autres, dans des jardins pilotes mis à disposition par des familles volontaires. « Ce système permettra de démontrer aux anciens qui ont appris à jardiner avec les produits phytosanitaires comme moyens miracles que ça pousse aussi bien sans ces produits », estime Fabrice Ciarletta. L'enjeu est triple. Sanitaire  : de nombreux enfants fréquentent ces hauts lieux d'aspersion chimique. Écologique  : en surquantité les produits polluent la terre et les eaux. Philosophique  : doit-on vivre aux dépens ou en harmonie avec la nature  ? Et vu le nombre de personnes concernées, la Ville en espère un effet de levier.

G. Gauchet


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